Divers Paternité

Moi, Papa. J’ai appris que…

Rédigé par Harry Kancel

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Bonjour, Cher(e)s Lectrices, Lecteurs

Cosmique ! voici comment je qualifierai ma première rencontre avec mon fils, mon premier regard.
C’est comme si c’était hier….
En un instant, un grand déboulé de souvenirs de mon enfance firent surface, me projetant de hier à aujourd’hui….Oui  ! je suis maintenant un papa.
En un instant, j’ai pris conscience qu’assister à l’évolution d’une grossesse et sentir les mouvements d’un enfant dans le ventre n’était qu’une petite partie du miracle de la vie.
En un instant, j’ai pris conscience que ma vie allait changer et tout comme mon père c’était occupé de moi, aujourd’hui j’avais cette nouvelle responsabilité qui m’incombait.

Moi, Papa , Je m’occuperai de toi , toi la chair de ma chère
Moi, Papa, Je serai toujours à tes cotés
Moi, Papa, Je t’accompagnerai durant tes moments premiers

Moi, Papa, Je……

Mais, Moi, Papa,
j’ai aussi dû assimiler des données subsidiaires.
Ces choses tabous que les pères n’osent pas exhumer, ces expériences que nous tentons d’enterrer sans otoscopie : 

Oui ! Moi, Papa,
J’ai appris qu’il n’était pas forcement simple d’accueillir une 3ème personne, que personne ne nous y prépare et que nous apprenons sur le tas.

J’ai appris que nous les hommes nous devons parfois nous battre inlassablement pour gagner ou garder notre place de père.
Nous devons jouter pour le mériter.
Car nous ne sommes que les géniteurs, nous n’avons pas rien enduré, nous n’avons pas supporté 9 mois de grossesse.
D’ailleurs, il nous faut remercier nos femmes de nous avoir « donner » un enfant….Merci Mesdames et pardon !

J’ai surtout appris qu’autant un papa peut sembler indispensable, on s’attend à peu de lui.
Autour de nous, nous n’entendons parler que des mères et de leur « Poto-Mitantesque » rôle.
On se surprend constamment de l’implication d’un papa, des actions qu’il peut ou qu’il arrive à faire.
On salut les papas d’ »aider » les mamans comme si ce n’était pas leur rôle.
La paternité existe bel et bien a contrario de la paternalité qui reste une notion taboue voire inconnue.

J’ai appris que même si la femme porte l’enfant, le papa aussi pouvait avoir les symptômes de la grossesse.
Sans porter physiquement son enfant, le père peut le ressentir physiquement.
Oh ! non pas comme une mère, mais est-ce vraiment utile, intelligent, de comparer ce qui n’est pas comparable ?
Moi, je les ai ressentis…les envies, les nausées, la fatigue, le stress, l’Amour….

J’ai appris qu’à l’inverse de mettre la barre haute, ce manque de confiance en nos papas laisse la barre bien basse et dans ce sens plusieurs finissent par s’y mesurer entretenant la sacralisation des mères.

J’ai appris aussi qu’un papa n’a pas le droit d’être oublieux .
Il ne doit pas oublier quelconques informations sur son enfant, au risque de se voir canner dans la mangrove des clichés.
« Aaah les papas ! que ferez-vous sans nous les femmes ? » ,
« La femme sait tout faire »,
« ah wai , ça c’est bien un papa ça hin! »
« eh ben , Bravo papa »
« Allez on va laisser la maman faire parce que vous les hommes…. »

Attention messieurs, le poids, la taille, les dates, les heures, les secondes ou de quelconques informations doivent être tatouer sur une partie de votre corps…
Sinon, vous serez tout de suite visé par un mandat d’amener pour comparaître devant le tribunal de très grande instance des clichés. 

J’ai appris que tout tourne autour de la femme, tout s’organise autour de la femme, tout se construit autour de la femme.

Attention mesdames ! Il n’y a pas d’agression, il n’y a que des mots…

Mais, Moi, Papa,….

J’ai aussi appris à admirer la femme pour sa capacité à donner la vie dans une souffrances dolente…
Comment de cette souffrance de l’accouchement en ressort un petit être humain, l’avenir, la succession, l’héritage…

J’ai appris que voir sa liberté partir ne se vit pas en deuil quand l’interaction avec son enfant s’amplifie de jour en jour.

J’ai appris que souvent paternité et folie sont en parfaite synergie.
Comment certaines réflexions, peurs surviennent et qu’on les vit si intensément, alors qu’avec un peu de recul il n’y avait pas raison de s’en faire. Compter, analyser le nombre, fréquence, densité des cacas ?..

J’ai appris le meilleur de moi-même…,

J’ai appris à apprécier encore plus mes parents et compris à quel point s’occuper d’un enfant demande beaucoup d’amour, de répétitions et donc de patience.

J’ai appris à avoir un autre regarde sur mes parents et les sacraliser encore plus.

J’ai appris et réaliser que mon papa avait mis la barre à des hauteurs vertigineuses.

J’ai aussi réappris à jouer comme un enfant…même si je n’ai jamais quitté l’enfance…

Et tout cela constitue un bonheur inénarrable, que je souhaite de vivre à tous les hommes…

AU NOM DU PÈRE et DU FILS et DU SAIN D’ESPRIT…

Messieurs,
Malgré les difficultés, les conflits, les disputes, les ruptures….vous n’êtes pas la pour aider, vous faites votre rôle de père. Il n’y a aucune culpabilité à avoir ! nous avons aussi donné la vie !
Ne soyez pas victime du regard de la société sur votre fonction de père, soyez acteur et combattez les idées reçues !
Ne soyez ni père démissionnaire, ni père démissionné mais père tout simplement.

Mesdames,
Au nom de tous les pères, je tiens à m’excuser.
M’excuser de l’absence, de la non implication, du machisme, du ‘sanfoutépamal’, de l’indifférence…de certains pères.
Nous ne sommes pas tous méritant dans le schéma familiale, mais nous ne sommes pas tous condamnables.

Pour finir je voudrais que vous lisiez ce texte : 

 « …les hommes sont constamment critiqués pour leur « irresponsabilité », et les femmes glorifiées pour leur « sacrifice » et leur dévouement. Le lien mère-fils est ici l’un des tuteurs essentiels de cette organisation, et il se construit dans une relation de dette imprescriptible entre le fils et sa mère, fondée sur l’entretien du « sacrifice »maternel. La gratitude qu’un fils doit offrir à sa mère passe alors par la démonstration de sa virilité, de sa réputation et de sa respectabilité. Montrer dans l’espace public que l’on est « un vrai homme », que l’on « est puissant », que l’on « assure sur la place » en ayant des conquêtes féminines vise notamment à contenter les espoirs maternels quant à la virilité des garçons. Ceci révèle le paradoxe des femmes qui induisent chez leurs fils ce qu’elles condamnent chez leurs compagnons, et les injonctions paradoxales dans lesquelles les hommes se construisent. » – Stéphanie Mulot

 

 

 

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